Billets humeurs

Les pommes d’amour

Je sais combien je suis chanceuse. Je sais combien j’ai été chanceuse de vivre l’enfance que j’ai vécue. Je le sais davantage encore lorsque je me remémore l’insouciance, les plaisirs, les joies qui ont rythmées mes premières années, et que je me rends compte que tout le monde n’a pas eu la chance d’être si bien choyée, entourée, aimée.

Emilie, entre autre. Lorsqu’elle m’a demandé, au détour d’une conversation, de lui raconter un souvenir de mes 5 ans, j’ai tout de suite pensé aux pommes d’amour que nous offrait mon père le dimanche. Ma sœur et moi attendions ce moment chaque semaine avec impatience. Nous étions réglées comme des horloges. Nous dévalions les escaliers impeccablement vêtues et coiffées de deux couettes, nous grimpions dans la 504 break blanche que possédait mon père. Elle m’impressionnait d’ailleurs car je la trouvais très longue, très grande.

sans-titreMa mère mettait un point d’honneur à nous faire profiter du plein air dès que l’occasion se présentait.24475746-table-en-bois-vide-et-vert-de-la-forêt-en-arrière-plan.jpgNous nous baladions en forêt, ramassions des feuilles de toutes espèces, parcourant les parcs arborés, jetant des cailloux dans l’eau, courant derrière les oiseaux, pique niquant sur ces tables de bois qui ornent les forêts domaniales. L’après-midi dominicale se terminait par la dégustation des pommes d’amour. Je me souviens du grand camion du marchand ambulant qui stationnait non loin d’un petit commerce. Nous essayions de nous hisser pour atteindre par nous-mêmes les pommes du désir.

sans-titre toffae.pngEmilie bois mes paroles. Elle voit la lueur dans mes yeux à l’écoute de ce souvenir. Elle baisse les yeux, marque un temps d’arrêt, puis relève la tête, et me demande : « Sana, c’est quoi une pomme d’amour ? ».

Eberluée, je fus. La pomme d’amour. Cette pomme ornée de sucre, parfumée au jus de citron, colorée d’un rouge vif, montée sur une pique en bois. Une valeur sûre. Une référence. Un des symboles de mes premières années. Tels mille et un autres plaisirs sucrés dont nous nous sommes délectés à l’époque de l’insouciance. A l’époque des sucres d’orge, de la guimauve, des grandes poupées de cire, des histoires avant de tomber dans les bras de Morphée, de la corde à sauter, de la marelle, des jeux de société, de la bicyclette, des escapades en montagne,..

Les pommes d’amour de mon enfance. Emilie me dit ne pas avoir gardé de tels souvenirs sucrés. Elle ajoute que tout était plutôt amer chez elle.

22406459_248357619021271_1714994184913812940_nTout le monde n’a pas eu la chance de baigner dans un cocon de douceur tel celui d’une barbe à papa. Mais tout le monde peut se rattraper aujourd’hui, d’une façon ou d’une autre…Et finalement, ce qui compte, c’est de garder son âme d’enfant (Restons enfant).

Soyez embrassés,

Sana.

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8 réponses »

  1. J’aime bien cette phrase « Tout le monde n’a pas eu la chance de baigner dans un cocon de douceur tel celui d’une barbe à papa. Mais tout le monde peut se rattraper aujourd’hui, d’une façon ou d’une autre…Et finalement, ce qui compte, c’est de garder son âme d’enfant » C’est tellement véridique ! 🙂

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