Développement personnel

Peut-on vraiment rencontrer l’autre ?

Salut.

Je trouvais cela d’une telle banalité, que certes mes oreilles avaient entendu le concept, mais j’étais loin de l’avoir compris. « On voit dans l’autre ce que l’on a en nous ». Je me disais « bof, bof ». Je n’y adhérais pas du tout, car je n’avais pas compris. J’étais en total désaccord avec ce principe. Car, pour moi, certains de mes jugements étaient fondés, en tant que réalités objectives :

  • La voisine qui ne dit pas bonjour,
  • La copine qu’on estime jalouse,
  • Le beau gosse imbu,
  • La prétentieuse,
  • Le collègue lourd…

Je ne voyais pas en quoi j’étais responsable de l’absence de politesse de ma voisine par exemple. Alors, le « on voit dans l’autre ce que l’on a en nous », j’avais beau me triturer l’esprit, je n’arrivais pas à adhérer.

Je crois que j’avais commencé à t’en parler dans La part d’ange dans chacun.

Il y a quelques jours, un soir après avoir refermé quelques pages de ma lecture du moment (dont je te parlerai incessamment sous peu), je fais un tour sur YouTube. De fil en aiguille, je tombe sur une vidéo d’une youtubeuse que j’apprécie beaucoup « Easy Blush », dans laquelle elle explique qu’elle a mis le doigt sur ce truc de « on voit dans l’autre ce que l’on a en soi ». Je n’ai pas tout de suite saisi. Quelques jours plus tard, je repense à cela quand je croise un matin un collègue que je trouve un peu imbu. Et j’y repense le soir en prenant un pot avec une copine de la fac. En papotant, je me rends compte que j’ai du mal à me détacher du jugement que j’ai d’elle. Je clos le questionnement dans mon esprit en me disant que tout le monde a un avis sur tout le monde, que c’est normal et naturel. Et tout le monde n’en fait pas un fromage, ni une théorie. Pourtant, j’étais persuadée d’avoir découvert quelque chose de profond. J’ai lâché l’idée. J’ai lâché prise.

Mais, quelques jours plus tard, au détour d’une conversation sur les gens qui osent, je raconte à Amélie que lors de notre dernière soirée vacances sur la plage, cet été, une touriste brésilienne s’était intégré à notre groupe avec une facilité déconcertante, se mettant même à danser au centre du groupe, en chantant plus fort qu’un gospel, en faisant applaudir l’assistance, et se lever les timides, et n’ayant rien à cirer du regard accusateur de certains, dont le mien. Je m’étais dit : « Mais qui est cette femme qui est si à l’aise ! Un numéro de charme gratos ? ». En racontant cette anecdote, je comprends immédiatement le fameux concept du « on voit dans l’autre ».

Cela me semblait enfin tellement évident. Pourquoi avais je nourri ce jugement ? Parce que j’ai du mal à sympathiser avec des inconnus ? Parce que j’aimerais être aussi à l’aise qu’elle dans pareille circonstance ? Parce qu’elle semblait affranchie de tout ? Parce qu’elle assumait pleinement sa beauté, et son physique ?

Je me suis alors rappelé du playboy. Quelque part, je venais enfin de le comprendre. De me comprendre ?

Je me suis alors rappelé de Fabienne qui tire toujours la tronche.

Je me suis alors rappelé de Pat que je trouve très procrastineuse.

Je me suis alors rappelé d’Elodie que j’ai eu tant de mal à cerner.

Je me suis alors rappelé de Laurent : que j’ai autant détesté qu’apprécié.

J’ai alors pensé à Sabrina, Anaïs, Sarah, Benoit, Fred, Thomas, Benjamin, Alain, Malika,Kevin, Christelle….

Tous ont quelque chose de moi ? Une résonnance chez eux de moi ?

Je repense à plein de gens, aux jugements que j’ai émis même inconsciemment.

Demain, je ne les verrai plus pareil. Demain, je ne les regarderai plus pareil.

Je n’ai pas envie de bâillonner mon intuition, ni ma petite voix : parce que je les adore.

C’est juste que je change de paradigme.

En fait, dans l’autre, c’est moi que je vois. J’ai donc plutôt intérêt à voir l’autre du bon œil. Même si tu es d’accord qu’on ne parle pas d’intérêt là-dedans, mais de perception, de véracité.

J’ai plutôt à cœur de voir l’autre dans toute sa plénitude alors…Si je veux moi aussi me voir autrement ?

C’était donc cela. Je me sens toute légère. Comme quand je me ballade en forêt. Comme quand je rendais ma copie, comme au dernier partiel, comme quand je rends un dossier à temps, ou que je suis largement à l’heure à l’aéroport.

Je sais que ce n’est pas la vérité, mais c’est une vérité. Et ma foi, elle me va plutôt bien celle-là. Par contre, je la trouve immensément responsabilisante dans le sens où nous nous sentons responsable de la perception qu’on a sur autrui. Prendre sur soi en se disant «finalement, il n’y est pour rien», n’est pas quelque chose aisé non plus. Cela n’empêchera pas de dire les choses non plus.

Ce que je perçois de l’autre est juste le reflet de ma réalité. En lui, je me vois.

Mais du coup, je suis allée loin dans mon analyse. Pour arriver à la conclusion qu’on ne fait que se rencontrer soi à travers l’autre. Puisque ce que je perçois de l’autre est le reflet me concernant. Et quand je passe par l’autre pour me rencontrer, je passe vraiment par l’autre, car, quand je vais regarder le reflet de l’autre comme étant moi : d’un seul coup, je serais vraiment en relation avec lui. En fait, je ne suis pas en dehors de lui parce que j’accepte quelque chose avec lui. Et si je te comprends comme un miroir : je vais te comprendre le sincèrement possible parce que je te comprends avec mes tripes, avec cette partie de moi en toi, ou de toi en moi.

Je te comprends parce que je sais que ce que je perçois de toi c’est chez moi, et je suis d’accord pour le voir.

Donc, je finis par comprendre que les attitudes sont porteuses de blessures, et vu que j’ai la même : finalement, avec humanité, fraternité, on est potes de fêlures, et non plus ennemis.

Je te prie de croire que j’ai expérimenté le truc. Pour avoir des preuves que ma théorie tenait la route. Et oui, j’ai beau être un peu plus spirituelle que la moyenne, à un moment donné, je suis rattrapée par Descartes.

Alors, pendant des jours, des semaines : en voyant, en croisant, en discutant, en sortant avec les amis, collègues, tutti cuenti , je me suis laissé porter par le concept d’effacer les étiquettes, les jugements qu’inconsciemment j’avais créé dans mon esprit. Et là. Le miracle opéra. Je te promets qu’en même temps que mon regard sur eux changeait, leur regard sur moi évolua…

Bienheureux ceux qui m’auront compris (les méandres de mon esprit sont denses)! Rires.

N’empêche, en ce moment, je suis dans d’excellentes dispositions. A un point tel que beaucoup de personnes dans mon entourage me soupçonnent (à tort, je tiens à le préciser; un peu comme le Mademoiselle lol ) carrément de me préparer à arborer quelque chose à mon annulaire gauche. Comprendra qui pourra.

On ne rencontre jamais vraiment l’autre parce qu’on reste enfermé dans notre prisme à nous, dans notre réalité, qui n’est pas celle de l’autre.

Soudain, tout s’éclaira. On n’a juste pas les mêmes lunettes.

Il faudra juste dealer avec le fait que certaines personnes ne sont pas arrivées à notre degré de questionnement.

Sincèrement, n’hésites pas à me dire en commentaires si je délire au sujet du « je vois en toi ce que j’ai en moi ». Compte-tenu de l’heure, il n’est pas exclu que certaines de mes neurones aient déjà pris la fuite.

Je te laisse avec un morceau qui me réconcilie avec l’humanité, et qui me fait penser qu’on est tous potes :), en plus de faire éclore des flocons de neige en moi.

A très vite,

Sana,

Tous droits réservés.

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34 réponses »

  1. J’ai bien suivi ton raisonnement. Et c’est vrai dans notre rencontre avec l’autre, c’est nous que nous découvrons également.
    Je crois qu’une fois qu’on a compris ça, on regarde les autres sous un autre prisme, avec plus de tolérance. Et cela nous aide à guérir, à avoir un autre regard sur nous mêmes.
    Merci pour ton partage Sana!

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  2. Cela me parle totalement ce que tu dis Sana, et plus que cela, je le ressens également par expérience. Avec un peu de lucidité et de regard honnête sur soi, je me rends compte que finalement le jugement que je porte sur l’autre est en résonnance avec le regard que je porte sur moi-même. Au point que lors d’un jugement, je le sens d’un écho se répercuter en moi, qui stationne à un endroit en moi. Bizarre à dire mais comme une forme d’ancrage. Comme quand je reconnais l’être pour sa beauté et que je le vois vraiment, une part de moi se libère. Même en sachant cela et en en faisant l’expérience, pour que celle-ci se perpétue, cela me demande attention et réajustement permanent. Ça effraie parfois et des fois je me dis je préférais ne pas savoir ou avoir conscience de cela, car la responsabilité vient souvent en rappel. Mais en même temps, je ne me vois pas comment le vivre autrement. Ça amène plus d’authenticité et de sens à ma vie. Et surtout, cela me fait grandir intérieurement.

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    • wouah…Vénus. Je suis contente de savoir que tu partages ma vision. Et je suis entièrement d’accord : ça demande une certaine attention quasi permanente. En somme, je crois que ça revient à regarder l’autre, avec…beaucoup d’amour. Et comme si on se voyait soi-même. Comme quand on était petite et qu’on disait «attends bouge pas je me regarde dans tes yeux»..Et littéralement j’essayais de me voir dans les pupilles de l’autre..Belle soirée Vénus. Bises

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  3. J’ai fait la même réalisation dernièrement. Je réfléchissais sur le fait d’avoir peur que les autres ne me trouvent pas intéressante … et en y réfléchissant de plus près, je me suis aperçu à mon grand dam qu’en réalité c’est moi qui ai du mal à trouver beaucoup de personnes intéressantes. Aussi présomptueux et prétentieux que cela puisse paraître, j’ai du mal à me perdre en banalités du quotidien (ce n’est pas toujours facile d’être spirituel et cérébral). Dans les conversations, je me sens souvent seule à vouloir approfondir et je ne sais pas vraiment parler de choses qui me paraissent futiles (du style les ragots, les derniers ou futurs achats, râler sur telle ou telle chose), mais qui semblent importantes pour créer du lien. Ceci dit, savoir que l’autre reflète nos plus comme nos moins est un bel outil pour avancer sur le chemin de l’évolution personnelle 🙂

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  4. Pfiouuu que de vérité dans tout ce que tu dis Sana ! C’est très dur d’avance sur ce sujet tant il est profond et enraciné en nous. Il nous fait heurter de plein fouet notre égocentrisme d’être humain (et ce n’est pas dit péjorativement, c’est juste comme ça 🙂 ) et de notre tendance à systématiquement se projeter dans l’autre.
    J’y suis beaucoup confrontée parce que je n’ai jamais été vraiment « dans les cases », et ça effraie beaucoup de mes proches qui, souvent, en parlant de moi, parlent d’eux – ou l’inverse 😀 (parce qu’ils se voient sans doute en moi). C’est assez drôle quand on s’en rend compte.
    A l’aube d’un projet entrepreneurial, je dois de plus en plus faire face à des proches qui stressent et qui tiennent des discours sur le fait qu’il faut souffrir au travail, que c’est comme ça, qu’il faut protéger sa famille, que plus tard, il y a la retraite…Pourquoi ? Parce que moi je vais plonger dans le grand bain de l’inconnu et qu’ils voient dans mon action ce qu’ils n’ont peut-être pas eu le courage de faire tout en ayant envie – et ça, ça gratouille l’inconscient. C’est pareil avec les parents qui se projettent dans leurs enfants ou les personnes avec lesquelles on a « du mal ». Tout est question de projection et ça nous renvoie à quelque chose en nous.
    Le plus dur reste de s’en rendre compte pour 1) avoir des échanges bien plus bienveillants avec les autres 2) pour sortir des stéréotypes que l’on a sur les gens.
    Belle journée à toi 🙂

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    • Tu as parfaitement analysé la chose Manon. Même inconsciemment, ils projettent leurs propres peurs. Une chose est sûre : avec les belles qualités que tu possèdes (droiture, intégrité, authenticité, gentillesse…), tu ne peux que réussir dans ton ce super projet d’entrepreneuriat. Excellente continuation. Au plaisir

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  5. Ton article est excellent Sana ! Aucune rencontre n’est due au hasard. C’est la « reconnaissance » de nous en l’autre qui nous attire vers telle ou telle personne…
    Nos jugements, nos avis, nos opinions sur les autres ne sont que le reflet de nos propres émotions ou sentiments, tout en croyant être objectifs, bien entendu.
    C’est pour ces mêmes raisons qu’il reste très difficile de ne pas juger quelqu’un et par conséquent… de ne pas se comparer à lui.
    Bien à toi.

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  6. Je pense que tu peux être rassurée sur l’état de santé de tes neurones. Très bon article qui donne à réfléchir. Je vais essayer de suivre ta démarche même si ça me semble très difficile. Après tout, j’ai bien enlacé des arbres (pas chez moi cette fois-ci) après un autre de tes articles 😄
    Bon weekend Sana

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  7. Est-ce que cette façon de regarder/apprécier les autres (et nous-mêmes) ne serait pas de la bienveillance, tout simplement ? Si on arrêtait de faire des commentaires plus ou moins gentils sur notre entourage, si on s’en tenait aux plus-values, c’est-à-dire aux qualités, plutôt qu’aux défauts ? voir le meilleur chez les autres, c’est aussi voir le meilleur en nous, non ?
    J’ai beaucoup apprécié ton article qui sait nous ouvrir les yeux, pour ouvrir notre coeur ensuite !!! 🙂

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  8. Cette éternelle recherche d’une part de nous dans cet(te) autre.. Je pense aussi à ce pauvre Narcisse contemplant son beau visage dans l’eau.. seul.. 😉 Je te rejoins, c’est très vrai ce que tu écris là dans cette note. Il faut parfois une bonne thérapie ou une bonne dose de recul sur soi-même pour s’empêcher de retomber dans les sempiternelles erreurs (que ce soit en amour ou en amitié par exemple). L’autre a toujours une part qui me manque. Excellent weekend à toi Sana 🙂

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  9. « Ce que je perçois de l’autre est juste le reflet de ma réalité »
    J’en ai conscience depuis un bout de temps. Et je me demandais si nous pouvions percevoir en l’autre ce que nous n’avons pas vécu, expérimenté, ce qui ne nous a pas touché, ce que nous ne comprenons pas … Je n’en suis pas sûre, d’où l’incompréhension qui s’installe parfois entre les êtres humains.
    Et cet effet miroir est encore plus intéressant quand nous sommes vexés, irrités par le propos de quelqu’un. A cet instant, il faut se demander, qu’est ce qui m’irrite à ce point ? Quelle partie de moi, en moi, est à ce point blessée, à quelle blessure cela me ramène t’il ?

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  10. Toi, il faut que je vienne te lire plus souvent. J’adore.
    Et je t »ai lue de la première à la dernière ligne. Et parfois même, je suis revenue en arrière.
    Mais oui, Sana, c’est exactement ça. Et d’ailleurs il y a une expression courante qui dit,  » on juge toujours les autres d’après soi-même. Maintenant c’est vrai aussi qu’il faut du temps pour comprendre tout ça. Et devenir plus tolerante. Euh là, je parle pour moi, pensant entre autres a une amie que j’ aime vraiment beaucoup. Et pourtant certains trucs chez elle m’exasperaient ( le mot est un peu fort. Quoi que !)…. Oui eh bien, ce sont des « trucs » que je ne voyais pas en moi ( ou que je ne voulais pas voir) et que pourtant…. bref, tu m’auras comprise. Du coup, le jour où j’ai accepté l’idée que moi aussi…. ce jour-là j’ai commencé à m’améliorer. Y’a encore du travail, mais on avance.
    On pourrait débattre longtemps sur ce sujet passionnant et la façon que nous avons de voir en l’autre. Dans le couple, c’est pareil. On peut parfois prêter à l’autre defauts et qualités, dailleurs, mais qu’il n’a pas forcément.
    Pas toujours simple, hein.
    Merci pour ce partage. A tres bientôt.

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  11. Bonjour mon Ami Amie
    C’est l’heure pour moi de passer
    Dans ton bel univers déposer un petit
    Commentaire d’amitié te dire que
    Si chacune de mes pensées
    Se transformeraient en fleurs
    Chaque jour un bouquet
    Viendrait embellir ta demeure
    C’ est toute la douceur de leurs parfums
    Que je t’envoie!!!!
    Une agréable journée ou soirée

    Gros bisous. Bernard

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