Développement personnel

Le fameux triangle du Karpman

Hello,

Je ne t’ai pas oublié. J’espère que tout va bien. Et que tu passes un bel été.

Ces-derniers mois, je me suis découvert une énième passion : la p.n.l. J’espère pouvoir me pencher, cet été, sur les ouvrages des grands auteurs dans ce domaine : Richard Bandler, John Grinder, Robert Dilts, Eric Berne (#on fait les choses bien, ou ne les fait pas).

J’ai même feuilleté le livret des formations proposées par l’institut Repère à Paris.Ce ne sera peut-être pas pour cette année mais l’idée commence à germer dans mon esprit. Et quand j’ai une idée en tête..

Bref. Je ne m’ennuie jamais. Je déteste l’ennui, de toute façon. Revenons à nos moutons.

Il y a quelques mois, à force de phosphorer autour des sciences comportementales, je tombe sur une vidéo de Steve ( créateur de la méthode boosteur d’intelligences, président d’une ONG internationale, entrepreneur, formateur, entraineur et arbitre officiel des Championnats du Monde de Lecture Rapide et Mind Mapping https://boosteurdexcellence.fr/ ).

Il évoquait un certain triangle de Karpman. J’en connaissais d’autres des triangles, mais pas celui-là.

« Le triangle de Karpman est un jeu psychologique, c’est-à-dire un scénario pratiqué inconsciemment et qui peut se répéter tout au long de la vie s’il n’est pas conscientisé. Le jeu psychologique est un système de comportements si codifiés et habituels qu’ils en paraissent naturels. Dans un échange/ une relation, si un des protagonistes opte pour un des rôles du triangle dramatique, les réactions se déclenchent automatiquement. Les partenaires se manipulent eux-mêmes et l’un l’autre ».

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En fait, ce jeu psychologique nous offre le choix entre trois positions inconfortables, limitantes que nous pouvons endosser à tour de rôle :

  • Etre une victime,
  • Etre un persécuteur,
  • Etre un sauveteur.

Si tu me lis depuis quelques temps, je pense que tu as deviné ma position « de prédilection » dans ce triangle (dis le moi en commentaire), ou en tout cas ma propension « naturelle » à séjourner dans un endroit particulier de cette figure.

J’ai donc repensé à des tas de situations où j’adoptais l’un puis l’autre rôle. Et j’ai découvert que très souvent, je me retrouvais, bien qu’inconsciemment, dans ce triangle. Au travail, comme dans ma vie privée, et ce face à tout type d’interlocuteur.

D’ailleurs, nous nous retrouvons tous dans ce triangle, et ce quotidiennement. Le problème est que cela requiert beaucoup d’énergie de s’apitoyer sur son sort (être une victime), de vouloir sauver quelqu’un (être un sauveur), ou d’être le bourreau d’une personne (être un persécuteur).

S’agissant de la posture de victime : c’est celle que j’adopte le moins. Il m’arrive de me plaindre certes, mais j’ai horreur de perdurer dans des émotions négatives. J’ai d’ailleurs commencé à me plaindre en entrant dans le monde du travail (mais, c’est un autre sujet).

En outre, si tu es sujet à l’introspection, ou si tu as une appétence particulière pour le développement personnel : tu sais que tu es  entièrement responsable de tout dans ta vie ( Je suis à la naissance de tout..), et les excuses derrière lesquelles nous nous cachons sont autant de façons de ne pas voir notre réalité en face.

Quant à la posture de tyran : elle est incompatible avec ma personnalité. Quand une personne est en congruence avec ce qu’elle est, elle n’a pas besoin d’imposer quoi que ce soit à autrui (façon de penser, etc..).

Enfin, le rôle de sauveur n’est pas des plus confortables. Les solutions résident en chacun de nous. Qui suis-je moi pour te proposer, ou t’imposer une solution, une issue ? En se posant en « sauveur », tu pars du postulat que la victime (que tu vois, et que tu traites en tant que tel) est incapable de trouver une solution. Par ailleurs, cela demande une énergie folle de vouloir sauver quelqu’un. Pourquoi s’immiscer dans des luttes, des combats qui ne t’appartiennent pas.

« Ceux qui donnent doivent mettre des limites car ceux qui prennent n’ont pas de limites ».

Dans ce fameux triangle dramatique de Karpman, les postures sont les suivantes :

  • être une victimerôle-de-victime-et-recherche-demploi-150x150.jpg

La victime se sent impuissante et irresponsable et espère que quelqu’un soulagera son malaise interne. Quand on endosse le rôle de victime, on cherche à dominer en apitoyant autrui (je suis faible et on doit m’aider). La victime se sent impuissante et compte sur les autres pour régler ses problèmes ou ceux de la société.

  • être un persécuteur (une persécutrice)persécuteur-150x150

Le persécuteur fait souffrir autrui pour tenter de canaliser ses propres peurs et douleurs. Quand on endosse le rôle de persécuteur, on tente de s’imposer ouvertement (je dois leur dire comment il faut être et agir car je sais mieux et j’ai raison). Le persécuteur adopte rôle de redresseur de torts, de justicier, de donneurs de leçons.

  • être un sauveteur (une sauveteuse) comportement-sauveur-et-recherche-emploi-150x150.jpg

Le sauveteur vole au secours d’autrui (tel Superman et ce même si on ne lui a rien demandé). Quand on endosse le rôle de sauveteur, on cherche même inconsciemment à être indispensable (les autres sont faibles, je dois les aider). Le sauveteur est tourné vers les autres et est dans l’action (ou parfois seulement l’intention d’action).

Le triangle dramatique a été nommé ainsi par Karpman en relation avec de qu’Eric Berne, père de l’analyse transactionnelle, appelle les quatre mythes :

  1. J’ai le pouvoir de rendre les autres heureux (sauveteur en recherche d’une victime)
  2. Les autres ont le pouvoir de me rendre heureux (victime en attente d’un sauveteur)
  3. J’ai le pouvoir de rendre les autres malheureux (persécuteur en recherche d’une victime)
  4. Les autres ont le pouvoir de me rendre malheureux (victime en attente d’un persécuteur)

Les trois rôles du triangle dramatique sont douloureux et source de conflits. Chacun d’entre nous peut les jouer tous les trois en fonction du contexte, des personnes en interaction et des circonstances.

Je sais maintenant que quand se place en victime (par exemple) c’est que c’est une position confortable pour elle, et inconsciemment elle s’attend à ce que tu viennes te placer en « sauveur ».

Sauf que là où le bât blesse c’est que les « sauveurs » atteignent facilement leurs limites et peuvent alors se transformer en tyran. Et oui, à force de répéter cent fois le même conseil à la même personne, tu peux finir par en avoir marre.

Je pense qu’il est intéressant de repérer les situations où sans le vouloir, on est projeté dans ce triangle. Cela implique de mettre de la distance de certaines personnes, de certains débats stériles. Car beaucoup aiment nourrir le ver de la pomme de la discorde.

ver-fruit-relations.jpg

 

Repérer le triangle dramatique

Si un partenaire ou interlocuteur endosse l’un de ces rôles, nous aurons de grandes chances d’être entraînés dans le triangle dramatique. Le problème est qu’un fois entrés dans le triangle, chacun navigue entre ces trois rôles sans trouver la porte de sortie.

Ainsi, il convient d’observer nos pensées pendant quelques semaines et les dialogues qui nous entourent. Nous repérerons alors fréquemment ces jeux psychologiques et, une fois cette prise de conscience faite, nous pouvons y renoncer.

Notre responsabilité est d’exprimer clairement ce que nous souhaitons ou refusons. Celle de l’interlocuteur/interlocutrice est d’accepter ou refuser.

En laissant l’autre libre de ses choix, nous nous libérons nous-mêmes car nous ne sommes plus dépendants du résultat mais de la qualité de l’interaction. Comme dans toutes relations, la qualité dépend de la négociation entre partenaires qui visent une solution gagnant/gagnant.

Explication du Jeu psychologique:

Tout le monde à un moment à un autre de sa vie joue à ce Jeu psychologique, de manière inconsciente. Les rôles par contre, ne sont pas fixés, et nous passons très facilement de la Victime au Persécuteur ou au Sauveur.

Cela dit, dans ce Jeu aucun des trois acteurs n’a envie que la situation ne change. Car chacun est satisfait de son rôle et en retire un intérêt personnel, créant ainsi un certain équilibre.

Donc la Victime ne veut pas sortir de son rôle de victime, le Sauveur ne cherche pas vraiment à aider la victime, et le Persécuteur ne cherche pas non plus à enfoncer la victime. Ils font tous semblant, comme dans une pièce de théâtre.

Nous retrouvons aussi cette structure dans la plupart des contes dramatiques :
Par exemple : Blanche-Neige, la méchante belle-mère, et le prince charmant / Le chaperon rouge, le loup et le chasseur / Cendrillon, sa famille et le prince…

Le rôle de la Victime:

On peut bien entendu se demander quel bénéfice la Victime tire du fait d’être persécutée, toutefois, il y en a :

  • La Victime attire l’attention sur elle, et en particulier l’attention du Sauveur. Pour des personnes ayant des problèmes de manque affectif, c’est donc la situation idéale pour recevoir de la compassion, de la protection et de l’attention.
  • La Victime peut se plaindre. Comme elle est la Victime, elle se sent dans son droit pour se plaindre, ce qui lui fait du bien d’extérioriser ses plaintes.
  • La Victime ne veut pas reconnaître ses responsabilités, et n’a pas à faire l’effort de changer. Comme elle est la Victime, tout le mal est dû au Persécuteur, et bien sûr cela lui donne l’image d’une personne irréprochable.Tout cela fait que la Victime n’a pas vraiment envie que la situation change, elle se sent à l’aise dans son rôle. D’ailleurs si la situation s’arrangeait, elle n’aurait plus l’attention dont elle bénéficie, plus d’excuses pour justifier ses problèmes, et ne pourrait plus cacher sa paresse d’assumer ses responsabilités / besoins.
  • Le rôle du Sauveur: Et c’est là tout le problème, le Sauveur place la Victime en incapacité : pour lui, la Victime ne pourrait pas s’en sortir sans sa présence
  • .Le rôle du Persécuteur: C’est d’ailleurs souvent un Sauveur déçu qui – ne sachant plus comment s’y prendre – emploie la manière forte, ou bien encore une Victime qui a décidé de se protéger et se venger. Le Persécuteur n’a conscience que de ses propres besoins et nie ceux des autres. Cela dit, ce n’est qu’un rôle et en vérité il cache une personne pétrifiée de peur face aux relations, et qui cherche à se défendre d’un ennemi imaginaire. Il a donc besoin d’une victime pour se sentir capable et fort.
  • Les rôles joués dans un tel triangle sont destructeurs, vous conduisent à vous enfermer dans une spirale infernale qui ne vous rendra pas heureux, malgré les quelques bénéfices dont vous croyez pouvoir tirer, d’autant plus que tout cela conduit à une fausse perception de la réalité.
  • Pour commencer, il faut déjà prendre conscience du rôle que l’on joue et celui des autres personnes autour de nous. Regardez la relation que vous avez avec ceux-ci, pensez à vos émotions et comportements dans la vie de tous les jours, car ce sont toujours les mêmes scénarios qui reviennent inlassablement dans ce Jeu psychologique.
  • Une solution simple pour se sortir de là c’est de ne pas assumer votre rôle. Pour que le Triangle de Karpman fonctionne il faut une Victime, un Persécuteur, et un Sauveur. Ainsi, si vous pensez jouer un rôle dans un triangle de Karpman, vous devriez songer à en sortir.
  1. Vous avez tendance à vous plaindre ? Vous devez rester acteur de votre vie, responsable et ne pas vous poser en victime et ne pas attendre des autres qu’ils vous prennent en charge lorsque vous êtes en difficulté.
  2. Vous avez tendance à sauver les autres ?Vous devez vous rappeler qu’aider n’est pas sauver, et vous demander lorsque vous avez envie d’intervenir : si la personne que vous aidez vous a fait une demande, si l’effort est partagé ou si vous allez tout faire seul(e), et si vous avez bien défini la limite de cette aide.
  3. Vous avez tendance à être agressif ? Vous devez veiller à tempérer votre colère lorsque vous êtes mécontent du travail des autres, du comportement de vos proches, et à communiquer avec respect et bienveillance.

Un autre moyen de s’en sortir est de jouer le « miroir », si votre interlocuteur joue la Victime, faites la Victime, s’il joue le Sauveur, faites le Sauveur et s’il joue le Persécuteur, faites le Persécuteur. C’est une bonne façon de bloquer le jeu car vous ne jouez pas le rôle complémentaire.

Par exemple si quelqu’un se plaint à vous de ses difficultés pour que vous le preniez en charge, parlez vous aussi de vos propres malheurs et difficultés en essayant vous aussi de vous faire prendre en charge.

Cela lui enverra le message clair que vous n’êtes pas complémentaire et qu’il devra aller chercher ailleurs son partenaire de Jeu.

Rester bienveillant et factuel, informatif, interrogatif, neutre et professionnel peut aussi signifier que l’on ne se laisse pas prendre. Demandez de clarifier très précisément ce qui est attendu de part et d’autre dans la relation peut aussi aider l’interlocuteur à se “re-saisir” pour répondre aux questions et participer à une discussion plus productive.

Le public, s’il ne rentre pas dans le Triangle, peut aussi aider à arrêter les frais d’un Jeu de manipulation. Quelquefois, sortir d’une salle privée pour mettre la relation en public fera en sorte que votre interlocuteur ne trouve plus d’attrait à son rôle. D’autres fois, s’éloigner du public et retrouver “l’intimité” d’une relation privée permettra aussi de sortir du cercle infernal du Triangle de Karpman.

Un conseil dés que tu repères ce fameux triangle : sors, sors, sors.

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A bientôt,

Sana,

Tous droits réservés.

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16 réponses »

  1. Intéressant ton article, que j’ai lu de bout en bout. Je crois bien que tu as été souvent dans le rôle du sauveur …. Dis moi si je me trompe ! Je vois aussi ton évolution dans ce monde de la spiritualité, de mois en mois, en spectatrice, et cela me conforte dans l’idée que tu es une belle personne, mais je n’en doutais pas 😊
    Bon été à toi aussi Sana.

    Aimé par 1 personne

      • Je commence enfin à saisir ce qui m’a fait tant de mal ! Le pourquoi de ces symptômes abracadabrants, donc oui, ça va mieux. Et j’espère que bientôt Ils disparaîtront à tout jamais, que cette leçon que j’ai eu tant de difficulté à assimiler de la vie sera une fois pour toute acceptée 😊 Bises Sana.

        Aimé par 2 personnes

  2. Bonjour Sana, et merci.

    Être dans un des coins du triangle demande moins d’énergie et d’efforts que d’être au centre, dans une position équilibrée. C’est pourquoi on revêt si souvent une de ces postures.

    Se poser systématiquement en victime, ou en sauveur, ou en bourreau est en fait simple. On n’a pas à prendre de distance, à inventer un positionnement, a innover. On a un rôle déjà tout écrit.

    Aimé par 1 personne

  3. J’ai découvert le triangle de Karpman pendant ma formation de coaching et par la même occasion, j’ai découvert que je me plaçais souvent comme toi en tant que sauveur! C’est un outil indispensable, je pense, au développement personnel et tu l’as très bien expliqué!

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  4. merci pour cet article que j’ai beaucoup apprécié : je connaissais le triangle de Karpman mais cette synthèse très claire et complète m’a donné accès à une meilleure compréhension. Personnellement, je navigue dans les 3 rôles avec une prédilection pour  » sauveur » bonne protection illusoire pour se mettre à l’abri dans une relation( ne pas s’exposer dans sa vulnérabilité) , sortir de ce triangle arrive je crois quand on reprend la responsabilité de sa vie,et aussi qu’ on l’accepte telle qu’elle est.Je crois que cette acceptation est une phase très importante pour devenir créateur de son avenir.

    Aimé par 1 personne

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