Chronique 33 : A toi, de Kodo Sawaki aux éditions L’Originel

Bonjour,

J’espère que tu vas bien. Je te souhaite une sublime année 2020. Je te souhaite de réaliser à quel point le monde est beau, à quel point nous avons de la chance d’être en vie. 2020 est une grande année : c’est un portail exceptionnel pour affirmer au monde notre beauté, notre singularité. J’entame cette année avec une très belle lecture que je me dois de te partager. Il s’agit du livre A toi, de Kodo Sawaki.

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Kodo Sawaki (1880-1965), surnommé Kodo sans demeure, était un moine zen qui a parcouru le Japon à pied tout au long de sa vie. Il était renommé pour ses conférences magistrales, drôles et désinvoltes. Son audience se composait aussi bien de moines, de nonnes, que de geishas, de paysans, de ministres, d’artistes et de savants. Ces rendez-vous hors du commun se déroulaient dans des cadres tels que l’université de Kamazawa à Tokyo, dans des lieux improvisés à la campagne, dans des prisons, des temples…

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Kodo Sawaki

Ce livre est destiné à tout un chacun, à la portée de tout le monde et n’importe qui. Kodo Sawaki insiste sur le zazen qui signifie prendre congé du groupe et marcher sur ses propres pieds. Car, notre véritable identité est au-delà de toute mesure.

Kodo Sawaki nous met en garde contre les comparaisons futiles. Il nous invite à transcender ces états primaires, et à réaliser le soi, par le soi, pour le soi. « Le chant de l’oiseau et le rire de la fleur apparaissent spontanément, indépendamment de la personne assise en zazen (zen désigne la concentration, et la particule za signifie « être assis ») au pied de la falaise.

L’auteur nous rappelle intelligemment et subtilement que tout est unité. En réalité, « il n’y a ni « toi », ni « eux » ». Nous nous comparons vainement. « On se demande souvent qui est le meilleur. Mais ne sommes-nous pas tous faits de la même argile ? Tout le monde devrait s’amarrer solidement à l’endroit où il n’y a ni meilleur ni pire. Tout au long de ta vie tu perds complètement les pédales parce que tu penses qu’il existe à l’évidence un « toi » et un « eux » ». […] « Au moment de mourir, tu comprendras ».

Quant à celui qui se plaint « de ne pas s’entendre avec les autres », Kodo Sawaki souligne que c’est précisément « quand les opinions et les théories entrent en scène que les chamailleries commencent ». D’autant que les gens ne voient que ce qu’ils sont prêts à voir, « ce qui correspond à leur perception karmique ». « La même lune semble tantôt sourire et tantôt pleurer ».

Evoquant la souffrance, Kodo Sawaki est tout aussi éloquent :

« La souffrance n’est rien de plus que la souffrance que nous fabriquons nous-mêmes. Il y en a même qui se donnent beaucoup de peine pour concocter minutieusement leur propre souffrance.

Rien de cela n’a la moindre importance. Arrête de chialer ! C’est du gaspillage de larmes ! Grandis un peu et ouvre les yeux : tu t’apercevras que tu fais beaucoup de tapage pour rien du tout. Les êtres vivants ressemblent tous à des bébés pleurnichards qui font beaucoup de tapage pour rien du tout. Le monde entier fait toute une affaire à propos de rien. A quoi cela rime-t-il ? Y a-t-il quelque chose au monde qui mérite qu’on fasse aussi triste mine ? […]
La chance et la malchance, le bien et le mal…, les choses ne sont pas toujours conformes à l’image que s’en font les yeux. Elles ne sont pas non plus comme tu penses qu’elles sont. Nous devons aller au-delà de la chance et de la malchance, du bien et du mal.
Tu parles de tes soucis et de tes ennuis, mais en quoi tes soucis et tes ennuis consistent vraiment ? […]
Tu souffres parce que tu refuses d’accepter ce qui doit être accepté. Accepter calmement ce qui doit l’être, c’est ce qu’on entend par satori. Le grand satori, c’est voir la nécessité comme nécessité, car la nécessité est partie intégrante de l’univers.
La mort t’inquiète ? Ne t’en fais pas ; elle sera immanquablement au rendez-vous. »

Kodo Sawaki nous invite à renouer avec la quiétude qui est notre condition normale.

« En toutes choses, les gens suivent leurs sentiments de joie, de colère, de tristesse ou de bien-être. Mais ce n’est pas la condition normale. Condition normale veut dire cessez-le-feu. Sans préférence, sans animosité, sans gagnant ni perdant, sans bien ni mal, sans joie ni peine, telle est la condition normale ».

C’est un livre plein de sagesses nous rappelant combien tout est unité, combien il n’y a pas de gain ou de perte. Il n’y a donc fondamentalement aucune raison de nous plaindre. Et « ne rien convoiter est le plus grand don que tu puisses faire à l’univers ».

La seule façon de vivre sa vie, dit Kodo est d’être soi-même, sans attachement, sur le chemin de la contemplation. En fait, il nous suffit, si nous cherchons à vivre une vie plus heureuse, de faire une petite pause. Car « être bouddha veut simplement dire cesser d’être un être humain le temps d’une petite pause ».

A bientôt,

Sana,

Tous droits réservés.

13 réflexions sur “Chronique 33 : A toi, de Kodo Sawaki aux éditions L’Originel

    1. Merci Néophyl. Je te souhaite une magnifique année. Je te souhaite de révéler au monde tes talents, de sortir des sentiers battus, de concrétiser tes rêves les plus fous, de garder ton âme d’enfant, d’être heureux dans l’ici et le maintenant. 🎈🙏

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  1. Je te retrouve avec plaisir Sana ! WordPress m’avait désabonnée … Il est vrai que tout parait simple, ça l’est sans doute quand on cesse de tout voir au travers du mental. 2020 sera une très belle année, en tout cas je nous le souhaite. Qu’elle soit lumineuse pour toi !

    Aimé par 1 personne

  2. Bonjour Sana,
    C’est le temps pour moi d’une petite pose… J’espère que tu vas bien. Je te remercie pour tes bons vœux et je te présente à mon tour les miens (vœux de belle et heureuse année pour toi et ta famille).

    Merci également, Sana, pour cette remarquable et complète présentation du livre « A toi » de Kodo Sawaki !
    Comme tu le rappelles si bien, ce maître japonais s’adresse à chacune et chacun d’entre nous. Ses livres – il est aussi l’auteur de « Un zen vagabond » – rassemblent une sélection de ses meilleurs enseignements.

    Personnellement, avec l’âge, j’aimerais tant que la sagesse ait pour effet :
    – de rendre l’être humain un peu plus modeste, et de l’inciter à une plus grande réserve et à un plus profond respect ;
    – d’éviter, enfin, à ceux qui détiennent le pouvoir dans le monde, d’avoir un ego surdimensionné…

    La philosophie, en tant qu’amante de la sagesse, devrait rapprocher tout être humain de ses frères et sœurs, de la nature, de la création et de son créateur !

    Très cordialement. Bisous d’Auvergne.

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